J’ai rencontré Marina et son bébé lors de l’événement « Sisterhood in Health » organisé par Feminalink et Bliss You à l’automne dernier.

Marina montait alors un projet d’accompagnement à la vie, à la maternité, Tata Doula, avec sa soeur Caroline. Toutes deux sont mamans et ont choisi de faire leurs bébés et de leur donner naissance de la manière la plus naturelle et instinctive possible, à la maison ou en maison de naissance.

Elles se sont passionnées pour ce sujet, réalisant à quel point les grossesses sont aujourd’hui autant médicalisées que coupées de toute transmission émotionnelle.

La femme est souvent vu comme un utérus ou un corps potentiellement dangereux pour l’enfant (on ne nous parle que de toxoplasmose, de listériose, de diabète gestationnel, de streptocoque, de risques…), et qu’il faut surveiller sans arrêt pour prévenir ou traiter la pathologie, avant de faire confiance au corps, à la physiologie et à la femme.

Presque aucune place n’est faite à l’accompagnement de la future maman ou de la jeune maman dans cette étape de transformation si puissante !

Et puis en dehors de la grossesse, et un peu de l’accouchement, on ne s’intéresse plus tellement à la femme, une fois le bébé sorti. Ce qui pose problème !

Alors une doula ça sert à quoi ?
Le terme « doula » est originaire de la Grèce Antique, mais cette fonction existerait dans la plupart des cultures traditionnelles.
La doula accompagne la femme (et sa famille aussi) pendant le temps de la grossesse tout d’abord. Il faut qu’une relation de confiance intense se crée au fur et à mesure des rendez-vous et des rencontres.
Elle peut aussi être présente à l’accouchement (selon le bon vouloir des maternités qui autorisent ou non leur présence, ou alors à domicile). A ce moment là elle sera un soutien émotionnel (elle ne remplace pas la sage-femme qui a la connaissance médicale du corps de la femme et de celui du bébé).
Elle la massera, lui proposera des positions antalgiques, des mouvements spécifiques pour aider bébé à bien se placer et à descendre dans le bassin, elle soutiendra la maman pendant la phase de « desespérance », elle préparera des collations pour le papa et autres accompagnateurs (ou gérera les ainés), elle rassurera la maman et l’encouragera, elle lui permettra de se sentir en sécurité et connectée à son cerveau primitif (qui favorise l’accouchement physiologique) etc.  Elle saura aussi s’éclipser et rester discrète si sa présence ou son action ne sont pas requises par la maman.

Une fois le bébé dans le monde, elle restera présente, peut-être quotidiennement les premiers jours. Elle continue donc d’accompagner la maman dans le moment le plus fort et déstabilisant de sa vie : le post-partum.

 

L’Occident vs les sociétés traditionnelles = entraide féminine et sororité

Dans les sociétés « traditionnelles » les femmes de la famille, de l’entourage, de la communauté, les « soeurs », s’occupent de la femme/future mère pendant la grossesse, l’accouchement et surtout après, au moins pendant ce que l’on appelle le « 10ème mois de la grossesse » !
Dans de nombreuses cultures ou les femmes vivent ensemble ou à proximité, cette fonction est quasi naturelle et très facile à mettre en place.
En France et en général en Occident, les amies et la famille de la femme vivent plus éloignés, au mieux à quelques stations de métro ou quelques blocs de maisons, mais plus généralement à plusieurs centaines de kilomètres.
Donc dès son retour au domicile la jeune maman reprend ses activités, doit se rendre seule chez le pédiatre ou à ses rendez-vous médicaux, puis à sa rééducation du périnée… sans parler d’amener les ainés à la crèche ou à l’école et du reste des tâches quotidiennes qui lui retombent rapidement sur les épaules (en général car le papa est reparti au travail au bout de quelques jours). Une grande solitude donc !
Les doulas remplacent en quelques sortes ces « soeurs » absentes.
Ces femmes (proches ou doulas)  peuvent aider la jeune maman de diverses façons :
  • En apportant soutien émotionnel, réconfort, conseil, écoute dans ce temps de grand bouleversement.
  • En l’aidant dans des tâches plus quotidiennes (courses, ménage, cuisine, garde des aînés…)
  • Elles peuvent aussi faire des soins à la jeune maman et à son bébé (massage, soins énergétiques, bandage du bassin…).
  • Elles l’aident à la mise en place de l’allaitement ou encore prennent le bébé dans les bras pour permettre à la maman de se reposer.
Il faudrait, pendant au moins 40 jours, déléguer au maximum et rester le plus souvent en position allongée, au repos, pour faciliter la récupération du corps, du périnée, permettre à l’allaitement de bien s’amorcer et à la maman de se reposer.
Porter des charges (plus lourdes que son bébé), marcher ou rester debout longtemps juste après l’accouchement, est délétère pour le périnée de la femme.
Aujourd’hui les doulas suivent des formations spécifiques, car il ne suffit pas forcément d’être soi-même maman pour avoir l’empathie, les techniques de communication ou le savoir suffisant.
Malheureusement l’accompagnement par une doula n’est pas remboursé, ce qui limite beaucoup l’accès à cette aide.
Mais pour ceux que ça intéresse, je vous invite à aller voir leur page Facebook, leur site ou leur blog pour découvrir leur histoire et leur mission aujourd’hui.
 
Petit extrait ici :

« Nous sommes deux sœurs, Marina et Caroline. Nous avons toutes les deux vécu des accouchements naturels extatiques. Marina a eu un accouchement à la maison en Andalousie et Caroline en maison de naissance au CALM à Paris.

Depuis quatre ans on s’est beaucoup reconnectées à notre nature profonde, à notre essence d’être, à notre femme sauvage, d’autant plus avec nos grossesses. Ayant toutes deux eu un accouchement naturel ça a été d’autant plus une explosion d’éveil, d’émerveillement et de développement de notre féminin sacrée.

Depuis son accouchement Caroline parlait beaucoup de son envie de transmettre son expérience, et d’accompagner les femmes dans leur reconnexion, les aider à réapprendre à écouter leur corps, leur esprit, leur instinct, notamment dans le domaine de la maternité.

On a toutes en nous déjà toute la connaissance et toutes les capacités nécessaires à notre vie harmonieuse, de la naissance, jusqu’à la mort en passant par l’accouchement et la maladie, notre corps associé à notre esprit et notre âme, possède toutes les clés de l’épanouissement naturel, de l’ordre des choses naturel, que le conditionnement de la société nous a peut être fait perdre ou enfuit très profondément en nous.
Mais il est possible de le retrouver à tout moment, c’est en nous tous, tout le temps!

Puis est venu le tour de Marina, son accouchement et le même ressenti, la même envie de commencer une mission d’éveil avec les femmes.

De la nous avons suivi diverses formations dans le but d’accompagner les femmes dans leurs merveilleuses étapes et transitions de la vie et donc bien sûr aussi dans celle de la maternité.

 

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Dans un prochain article je vous parlerai de mes conseils d’organisation pour faciliter votre post-partum, et dans un autre je vous parlerai du soin prénatal que j’ai eu la chance de recevoir de Marina ! Vaste programme !